Frère - 1
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Que valent ces heures passées ensemble sous le même joug ? Quelle valeur donner à ces moments, maintenant ensevelis, passées à attendre s'abattre sur nos crânes nus la ceinture de l'oncle Sombel ? Ces moments où nos yeux baissés se croisaient sous le même châtiment, ces instants rieurs où notre inquiétude vacillait devant la certitude d'être disponibles à l'autre.
Que valent, petit frère, ces heures oubliées que nos corps ont subi ? Suffisent elles à compenser le manque qui nous sépare ? Suffiront elles seulement à éteindre le gouffre sous notre absence à l'autre ?
Je t'écris pour me souvenir. Non plus de toi, mais de moi-même.
J'ai renoncé hier à te retrouver. J'ai abandonné ces vains espoirs de retrouver le passé l'a où je l'avais laissé : je ne t'y aurais de toute manière jamais retrouvé. Tu es parti avec ta femme quelque part où je ne pourrai peut- être jamais te suivre. Tu es parti avec ta femme quelque part où je ne pourrai peut-être jamais te suivre. Quelque forteresse où, dois-je maintenant l'accepter, personne ne pourra être admis.
Je connais ce genre de forteresse. J'en ai construit une ici avec Zeyna, elle est imprenable, toute ouverte aux vents et au pas, elle est fragile, belle, je crois, mais des armées entières ne sauraient, dussent-elles y siéger mille ans, la soumettre, l'habiter, la rompre. Ta forteresse, à mon grand malheur, m'est définitivement fermée. Je le sais, le regrette, mais j'en fais le deuil.
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