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    <title>lettrière</title>
    <description>threads of a new pace</description>
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      <title>Photographie et Présence</title>
      <link>https://lyncx.handwritten.blog/argentique</link>
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      <pubDate>Tue, 25 Aug 2026 16:19:37 +0000</pubDate>
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        <![CDATA[<p><img src="https://lyncx.handwritten.blog/rails/public_image_variants/eyJfcmFpbHMiOnsiZGF0YSI6ODM3LCJwdXIiOiJibG9iX2lkIn19--5ff7a15cf17792cfcbe52115f60ab9a216f9afa4/web_1600/Photo%20argentique%20manuscrit%20(1)-1.webp" alt="Photographie et Présence, handwritten page 1"/></p><p><img src="https://lyncx.handwritten.blog/rails/public_image_variants/eyJfcmFpbHMiOnsiZGF0YSI6ODM5LCJwdXIiOiJibG9iX2lkIn19--fd93093888e1fb2d2c493242ad641b07f959920a/web_1600/Photo%20argentique%20manuscrit%20(1)-3.webp" alt="Photographie et Présence, handwritten page 2"/></p><p>PHOTOGRAPHIE &amp; PRÉSENCE</p>

<p>Ce qui est gratifiant avec la photographie argentique, que ce soit par rapport aux scènes, aux endroits visités, que par rapport aux corps rencontrés et adoptés, c&#39;est l&#39;incarnation qu&#39;il offre au photographe, l&#39;invitation qu&#39;elle lui fait à habiter les lieux qu&#39;il visite. Avec la photo instantanée, c&#39;est à dire celle qui offre une possibilité de visualisation immédiate du résultat, le lieu et le corps capturé est digéré instantanément : le résultat est là, indiscutable, figé, sur la photo prise, mais, encore pire, dans le regard du photographe.. Le lieu photographié, sitôt capturé, est oublié, rangé, catalogué. J&#39;oserais même dire : fossilisé. Le lieu meurt, comme une relique.</p>

<p>Avec l&#39;argentique, cependant, ce « diffèrement », ce sursis accordé au résultat crée une tout autre poésie topologique. Avec l&#39;argentique, on habite le lieu, on le caresse, on l&#39;apprête avant de le prendre en photo, mais on l&#39;habite encore, on revient la visiter, par le regard et par l&#39;esprit, longtemps après l&#39;avoir capturé.</p>

<p>J&#39;ai essayé, tout à l&#39;heure, de prendre en photo une rue (ses lignes me paraissaient intéressantes, sa ligne de fuite, sa ligne entre 3 bennes à ordures alignées, son ambiance,...). Je m&#39;exercai donc, en habitant le lieu, à en faire une composition acceptable, ou, au moins, ayant un sujet. Je caressai ainsi chaque coin, étudiai chaque point, et, une fois la photo prise, n&#39;ayant aucun moyen de regarder le résultat, de savoir si la photo a été bonne, j&#39;essayai de me remémorer la scène. En m&#39;éloignant, j&#39;essayai de me dire que j&#39;aurais dû prendre sous tel angle et pas tel autre, me décaler vers la droite au lieu d&#39;être centré, capturer au ras du sol et pas trop haut, etc. Après avoir capturé le lieu, je revenais l&#39;habiter d&#39;une autre façon, comme un amoureux qui regrette avoir laissé s&#39;échapper l&#39;amour de sa vie. C&#39;est par le souvenir, le coeur, la chair qu&#39;on y revient ; c&#39;est par ce qui fait de nous des êtres sensibles qu&#39;on revient l&#39;incarner. Comme un livre dont notre regard intérieur (re)crée et incarne chaque scène, c&#39;est l&#39;absence intrinsèque, la sinéité de l&#39;argentique qui lui donne sa présence, qui nous permet d&#39;y avoir une présence.</p>

<p>Là ou la photo numérique ou instantanée délègue, réduit l&#39;incarnation, restreint le peuplement du lieu au moment où il a été photographié, à la technique qui a été employée, ou à la photo qui a été prise, l&#39;argentique élargit le lieu, le temps, l&#39;incarnation : elle fait du lieu un endroit revisité par mille esprits, mille souvenirs, mille regrets, du moins, avant que la photo ne soit imprimée. Là ou le numérique, par sa trop-présence, enlève, l&#39;argentique, par son relatif effacement, son recul poétique, confère et emplit.</p>

<p>**=============***=============**
<br />English version
<br />PHOTOGRAPHY &amp; PRESENCE</p>

<p>What is rewarding about film photography -- whether it&#39;s in regards to scenes, to the places we visit, or to the bodies we encounter and adopt -- is the embodiment it offers to the photographer, the invitation to inhabit the places he visits. With instant photography (by which I mean the kind that allows the result to be viewed or previewed immediately), the place and the body captured are digested instantly: the result is there, indisputable, frozen, in the picture taken, but, worse, in the photographer&#39;s gaze. The captured place, as soon as it is captured, is forgotten, shelved, catalogued. I would even assume: fossilized. The place dies, like a relic.</p>

<p>With film, however, this &quot;différance&quot; (in Derrida&#39;s meaning), this time-leap, this suspension granted to the result, creates an altogether different topological poetry. With film, you inhabit the place, you caress it, you make it ready before photographing it, and yet, you&#39;ll keep inhabiting it, you come back to visit it, with the eye and with the mind, long after having captured it.</p>

<p>Earlier today I tried to photograph a street (its lines struck me as interesting, its vanishing line, the line running between three aligned dumpsters, its atmosphere...). So I started setting it, inhabiting the place, making an acceptable composition of it, or at least trying to make one that had a subject. I caressed each corner, studied each point, and, once the picture was taken, having no way to look at the result, to know whether the photograph was any good, I tried to summon the scene back. As I walked away, I tried to tell myself I should have shot from this angle and not that one, shifted to the right instead of standing centred, shot at ground level rather than too high, ... Hence, having captured the place, I came back to inhabit it in another way, like a lover who regrets having let the love of his life slip away. It is through memory, through the heart, through the flesh that we return to it; it is through what makes us creatures of feeling that we come back to embody it. Like a book whose every scene our inner eye (re)creates and embodies, it is the intrinsic absence, the &quot;sineity&quot; of film that gives it its presence, that allows us to have a presence in it.</p>

<p>Where digital or instant photography delegates, diminishes embodiment, confines the filling of the place to the moment it was photographed, to the technique employed, to the picture that was taken, film widens the place, the time, the embodiment: it makes of the place somewhere revisited by a thousand minds, a thousand memories, a thousand regrets -- at least, before the photograph is printed. Where the digital, by its over-presence, takes away, film, by its relative vanishing, its poetic withdrawal, bestows and fills.</p>]]>
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      <title>Temps</title>
      <link>https://lyncx.handwritten.blog/temps</link>
      <guid isPermaLink="false">tag:handwritten.blog,2026:post:211</guid>
      <pubDate>Wed, 19 Aug 2026 20:31:22 +0000</pubDate>
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        <![CDATA[<p><img src="https://lyncx.handwritten.blog/rails/public_image_variants/eyJfcmFpbHMiOnsiZGF0YSI6NjU5LCJwdXIiOiJibG9iX2lkIn19--7ed1eb5e2c60ea09f3a875e5b0e5828f1d9ac2f9/web_1600/Temps-1.webp" alt="Temps, handwritten page 1"/></p><p><img src="https://lyncx.handwritten.blog/rails/public_image_variants/eyJfcmFpbHMiOnsiZGF0YSI6NjYwLCJwdXIiOiJibG9iX2lkIn19--c45b6ce4ae1b301c6d96584d0b1c31f349f444f7/web_1600/Temps-2.webp" alt="Temps, handwritten page 2"/></p><p>Temps</p>

<p>Interroge ton horloge, la pointe qui s&#39;en va te dire 
<br />           ton lieu ton heure 
<br />Demande à ta chair? Que dit-il ?
<br />Non, tu n&#39;es pas demain. Nous ne sommes pas demain.
<br />Nous sommes hier, cher ami.
<br />Nous avons peut-être été aujourd&#39;hui, brièvement
<br />lorsqu&#39;encore naïf ce monde se laissait étreindre 
<br />Mais nous ne sommes pas demain,
<br />rien de nos fragments ne s&#39;amoncelle pour bâtir 
<br />                                                                             demain,
<br />ce sont des ruines en prison
<br />des décombres de misère,
<br />ce sont des chutes et des lambeaux 
<br />d&#39;intissables fanaux qui perdent la nuit la plus noire,
<br />ce sont des échos de râles plus que de langues
<br />qui vacarment et dégendrent
<br />ce sont des supplices en retard
<br />qui rattrapent ce temps étonné d&#39;être 
<br />           sur aucun calendrier
<br />ce sont des haillons d&#39;hiver 
<br />à la plainte qui rassemble tous les vents
<br />un requiem qui se croit baptême
<br />un deuil qui se veut Lazare...
<br />ce sont des échardes 
<br />                      en guise de tenjj
<br />           de l&#39;isover 
<br />                      en guise de baume
<br />que peut nous dire l&#39;horloge qui nous servit 
<br />           à dater nos défaites ? 
<br />le remède 
<br />           à pallier nos décès
<br />la lumière 
<br />           à aveugler nos soleils
<br />et l&#39;infini dompté, domestiqué
<br />           à cacher tous nos vides ?
<br />ce sont des poussières, cher ami, qui ne bâtiront 
<br />                      aucun lendemain</p>]]>
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      <title>Frère - 1</title>
      <link>https://lyncx.handwritten.blog/frere</link>
      <guid isPermaLink="false">tag:handwritten.blog,2026:post:198</guid>
      <pubDate>Tue, 18 Aug 2026 10:37:53 +0000</pubDate>
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        <![CDATA[<p><img src="https://lyncx.handwritten.blog/rails/public_image_variants/eyJfcmFpbHMiOnsiZGF0YSI6NjE1LCJwdXIiOiJibG9iX2lkIn19--c85cc35f5391849ea871645bfdf2c4030afa2373/web_1600/Frere-1.webp" alt="Frère - 1, handwritten page 1"/></p><p><img src="https://lyncx.handwritten.blog/rails/public_image_variants/eyJfcmFpbHMiOnsiZGF0YSI6NjE2LCJwdXIiOiJibG9iX2lkIn19--fe976d92d7a316355d86694e1ad2ca49cfff1e2f/web_1600/Frere-2.webp" alt="Frère - 1, handwritten page 2"/></p><p>Que valent ces heures passées ensemble sous le même joug ? Quelle valeur donner à ces moments, maintenant ensevelis, passées à attendre s&#39;abattre sur nos crânes nus la ceinture de l&#39;oncle Sombel ? Ces moments où nos yeux baissés se croisaient sous le même châtiment, ces instants rieurs où notre inquiétude vacillait devant la certitude d&#39;être disponibles à l&#39;autre.</p>

<p>Que valent, petit frère, ces heures oubliées que nos corps ont subi ? Suffisent elles à compenser le manque qui nous sépare ? Suffiront elles seulement à éteindre le gouffre sous notre absence à l&#39;autre ?</p>

<p>Je t&#39;écris pour me souvenir. Non plus de toi, mais de moi-même.</p>

<p>J&#39;ai renoncé hier à te retrouver. J&#39;ai abandonné ces vains espoirs de retrouver le passé l&#39;a où je l&#39;avais laissé : je ne t&#39;y aurais de toute manière jamais retrouvé. Tu es parti avec ta femme quelque part où je ne pourrai peut- être jamais te suivre. Tu es parti avec ta femme quelque part où je ne pourrai peut-être jamais te suivre. Quelque forteresse où, dois-je maintenant l&#39;accepter, personne ne pourra être admis.</p>

<p>Je connais ce genre de forteresse. J&#39;en ai construit une ici avec Zeyna, elle est imprenable, toute ouverte aux vents et au pas, elle est fragile, belle, je crois, mais des armées entières ne sauraient, dussent-elles y siéger mille ans, la soumettre, l&#39;habiter, la rompre. Ta forteresse, à mon grand malheur, m&#39;est définitivement fermée. Je le sais, le regrette, mais j&#39;en fais le deuil.</p>]]>
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